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Les erreurs que les cavaliers font sans le savoir (et qui stressent le cheval)

  • Photo du rédacteur: Admin Odela
    Admin Odela
  • 7 déc. 2025
  • 5 min de lecture

Le cheval ne réagit pas pour rien. Il répond à ce que nous ne voyons pas.


Les erreurs que les cavaliers font sans le savoir (et qui stressent le cheval)

Dans le monde du cheval, tout va souvent trop vite.


Les humains veulent avancer, progresser, réussir, monter, sortir, travailler, pratiquer.

Et au milieu de cette ambition sincère, parfois maladroite le cheval tente de suivre, de comprendre, d’interpréter ce qu’on attend de lui.


Mais le cheval n’est pas un humain.

Il ne vit pas dans le mental, dans le projet, dans l’objectif.Il vit dans l’instant, dans le corps, dans la sensation.

Ce qui pour nous paraît anodin peut-être, pour lui, une pression énorme.Ce qui nous semble “rien du tout” peut-être, dans son monde, quelque chose de bruyant, d’envahissant, d’incohérent.


Et sans le vouloir, sans le savoir, sans malveillance, beaucoup de cavaliers créent du stress chez leur cheval simplement parce qu’ils ne voient pas ce que lui voit.

Cet article n’est pas là pour juger.

Il est là pour ouvrir les yeux, pour éclairer, pour révéler

— avec douceur, vérité et bienveillance

— les petites choses humaines qui créent de grandes tensions chez les chevaux.


Ce que j’accompagne chaque jour en séance à Marseille m’a appris une chose : le cheval ne ment pas.Il répond.

Et ce qu’il répond nous montre ce que nous ne voyons pas encore.


1. L’impatience subtile : l’erreur la plus fréquente, la moins assumée


L’impatience n’a pas besoin d’être bruyante pour exister.

Elle ne ressemble pas toujours à une frustration visible.

Parfois, elle est seulement un souffle un peu plus court, une épaule un peu plus tendue, un pas un peu trop rapide.

Les chevaux, eux, voient tout.

Ils sentent ce qui n’est pas posé.

Ils perçoivent ce qui n’est pas pleinement présent.

Quand un humain est impatient, même intérieurement, le cheval le ressent comme une pression.

Pas une pression volontaire.

Une pression nerveuse.

Le cheval n’entend pas :“Allez, viens, on y va.”

Il entend :“Je ne suis pas ici avec toi.”

Et cela le stresse.

Parce qu’un cheval ne suit pas un corps tendu.

Il suit un cœur calme.

Dans mes séances Vision Sauvage, c’est souvent la première révélation pour les cavaliers : quand tu te déposes, ton cheval respire.


2. Vouloir aller trop vite : dépasser le rythme naturel du cheval


Le cheval évolue dans un rythme lent, constant, circulaire.

L’humain, lui, vit dans un rythme mental, plus haut, plus rapide, plus dispersé.

Quand un cavalier veut avancer plus vite que l’état intérieur du cheval, le cheval entre en incohérence : ses muscles tirent, son souffle s’accélère, sa tête se relève.

Ce n’est pas un refus.

C’est un débordement.

Un cheval stressé ne dit jamais :“Je ne veux pas.”

Il dit :“Je ne peux pas suivre ton rythme.”

La vraie question à se poser n’est donc pas :“Pourquoi ne veut-il pas avancer ?”mais :“À quel rythme ai-je réellement posé mon énergie aujourd’hui ?”

Parce qu’il n’y a jamais de résistance chez le cheval.

Il n’y a que des limites physiologiques ou émotionnelles.


3. Penser pour le cheval au lieu de l’écouter


L’une des erreurs les plus courantes

— et les plus fatales

— est de projeter sur le cheval une intention qu’il n’a pas.


“Il fait exprès”“Il teste”“Il cherche”“Il s’en fout”“Il m’en veut”“Il n’a pas envie”


Toutes ces phrases n’ont rien à voir avec le cheval.

Elles parlent de l’humain.

Un cheval n’a ni psychologie manipulatrice, ni ego stratégique.

Il ne teste rien.

Il ressent.

Chaque comportement qu’il exprime est une vérité du moment présent.

Quand un cheval s’arrête, ce n’est pas une provocation.

C’est une information.

Il dit :“Quelque chose dans mon corps ou dans ton énergie ne va pas.”

Et poser cette vérité change tout.

Le cheval n’a pas besoin d’être corrigé.

Il a besoin d’être entendu.


4. Trop parler, pas assez respirer


Le cheval ne comprend pas les mots.

Il comprend :

  • les vibrations de la voix

  • les tensions dans le corps

  • les micro-expressions du visage

  • la cohérence intérieure

  • la respiration

Un cavalier qui parle trop oublie souvent de respirer.

Et un cheval qui entend une voix déconnectée du souffle perçoit une incohérence.

Ce n’est pas la parole qui le stresse.

C’est l’incohérence entre ce que la voix dit et ce que le corps raconte.

Beaucoup de cavaliers rassurent leur cheval en disant :“Ça va, mon grand, ce n'est rien…”

Mais leur ton est serré.

Leur souffle est en apnée.

Leur ventre est tendu.

Et le cheval ressent :“Il me dit que tout va bien, mais son corps dit l’inverse. Je ne peux pas m'appuyer sur ça.”

À l’inverse, une respiration lente, profonde, vraie…change tout.

C’est ce que je travaille avec mes clients : le silence qui rassure plus que les mots.


5. Demander au cheval de se calmer… alors que l’humain est en tension


C’est l’un des paradoxes les plus fréquents.

On veut que le cheval :

– se concentre– ralentisse

– respire

– se connecte

– se pose

Mais l’humain, lui :

– pense à mille choses

– anticipe

– appréhende

– se contracte

– bouge trop vite


Le cheval ne peut pas faire ce que l’humain ne fait pas.


Lui demander de se calmer alors que l’on est tendu soi-même, c’est comme demander à un enfant de dormir dans une maison en feu.

Ce n’est pas possible.

Le cheval ne se synchronise jamais sur les mots.

Il se synchronise sur l’état intérieur.

C’est pour ça que mes séances fonctionnent si bien : je ne calme pas le cheval, je calme l’humain.

Et le cheval suit naturellement.


6. Ne pas laisser suffisamment d’espace au cheval


Par peur qu’il s’échappe.

Par peur qu’il ne suive pas.

Par envie de le garder près de soi.

Alors on raccourcit la longe.

On se rapproche trop.

On bloque le mouvement.

On enveloppe sans écouter.

Mais un cheval respire mieux quand il a le choix.

Quand il peut s’éloigner.

Quand il peut se tourner.

Quand il peut sentir sans être contrôlé.

L’espace n’est pas un danger : c’est une porte de sortie émotionnelle.

Un cheval stressé a besoin d’espace.

Et chaque fois qu’un cavalier lui reprend cet espace, il retire sa capacité à se réguler.

C’est dans la permission que le cheval se détend.

Dans l’ouverture.Dans le “je t’écoute”.


7. Vouloir contrôler le cheval avant de se contrôler soi-même


C’est peut-être l’erreur la plus profonde, la plus invisible, la plus ancienne dans le monde du cheval.

On veut contrôler :

– son mouvement

– sa direction

– son rythme

– ses réactions

– sa peur

– son énergie


Mais le cheval ne peut pas être stable si l’humain ne l’est pas.

La maîtrise ne commence pas dans la main.

Elle commence dans le corps.

Chaque fois que tu cherches à contrôler ton cheval, il te montre exactement ce que tu ne contrôles pas encore en toi.

Et quand tu changes ton état intérieur, le cheval n’a plus besoin de résister.

Il suit.

Il se relâche.

Il se dépose.


Le cheval n’est jamais le problème. Il est la réponse.


Chaque comportement du cheval dévoile quelque chose.

Pas une intention cachée.

Pas une manipulation.

Pas une provocation.

Une réponse.

Le cheval répond :

– à notre vitesse

– à notre respiration

– à nos tensions– à nos pensées

– à nos incohérences

– à nos peurs

– à ce que nous ne voyons pas en nous-mêmes

Il ne fait pas d’erreurs.

Il montre les nôtres.

Et c’est pour cela qu’il est un maître si parfait.


Travailler avec moi : apprendre à lire ce que ton cheval voit déjà


À Marseille et alentours, j’accompagne les cavaliers à :

– comprendre les signaux du cheval

– retrouver leur calme intérieur

– créer une relation vivante et cohérente

– réduire naturellement le stress du cheval

– se synchroniser avec lui

– devenir un point d’ancrage plutôt qu’un point de tension


Je ne travaille pas avec des méthodes.

Je travaille avec le vivant.

Et quand l’humain change, le cheval change instantanément.

C’est dans cet espace-là que naît la vraie confiance.

Celle qu’on ne fabrique pas, celle qu’on ne force pas, celle qu’on ne dresse pas…

Celle qui se ressent.

 
 
 
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