Le deuil chez le cheval : comprendre et accompagner nos compagnons équins
- Admin Odela

- il y a 6 jours
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Comment le cheval vit la perte et comment tu peux l’aider

Le terme « deuil » vient du verbe latin dolere, signifiant « souffrir ». Il désigne l'affliction profonde ressentie après la perte d’un être cher. Cette expérience n’est pas uniquement humaine. Les chevaux la vivent aussi. Lorsqu’ils perdent un compagnon, un cheval, un humain, un animal du troupeau, ils traversent une période de transition, une douleur invisible, un déséquilibre silencieux.
Les chevaux ne parlent pas notre langue. Mais ils ressentent. Ils vivent. Ils réagissent.
Et aujourd’hui, je veux te montrer trois choses essentielles :
comment ils vivent cette perte
les signaux qu’ils envoient
comment tu peux, en tant qu’humain, les accompagner avec douceur, respect et authenticité
C’est exactement ce que je conduis dans mes séances Âmes Sauvage, sur les collines de Provence, avec les chevaux comme miroirs vivants et maîtres de la relation.
Le cheval peut-il vraiment vivre un deuil ?
Oui, absolument.
Les chevaux sont des êtres ultra-sociaux. Chaque membre du troupeau a un rôle, un rythme, une respiration partagée. Quand un cheval disparaît, le troupeau s’en ressent avant même que l’humain ne voie quoi que ce soit. Le silence se densifie, la vigilance s’amplifie, le souffle collectif change.
Un cheval peut ne pas “savoir” qu’un autre est mort. Il ne pense pas : « Mon compagnon est parti pour toujours ». Mais son corps, lui, sait.
Il perçoit la place vide, le rythme absent, l’énergie qui manque. Le deuil s’installe dans la respiration, la posture, la digestion, le sommeil.
Et l’on remarque des effets :
– des chevaux qui cherchent,
– des chevaux qui s’immobilisent,
– des chevaux qui changent d’appétit,
– des chevaux dont le corps se referme.
Ce n’est pas un “comportement sportif”. C’est une réaction vivante.
Quelques signes subtils à repérer
Lorsqu’un cheval traverse la perte, tout ne se voit pas. Souvent, ce sont de micro-signaux.
Tu peux observer :
– un ralentissement du rythme général
– une tension dans l’encolure
– des mouvements plus lents, plus réfléchis
– une approche plus distante
– la recherche fréquente du groupe
Et de façon plus empreinte :
– perte d’appétit ou changement du comportement alimentaire
– sommeil interrompu ou moins profond
– regard “ailleurs”
– grandes pauses immobiles
Ce ne sont pas des signes de faiblesse. Ce sont des appels du corps.
Et ton rôle, en tant qu’accompagnateur, est de les entendre.
Sans analyse immédiate. Sans contrainte. Sans jugement.
Comment accompagner un cheval en deuil avec bienveillance
Laisser le temps :
Le temps n’est pas un “outil”. C’est un respect.
Ramener un cheval dans la vie après une perte ne signifie pas “le faire aller”. Cela veut dire : « Je suis là. ».
Maintenir les routines :
Les chevaux se rassurent par la constance. L’hébergement stable, les horaires, les repères visuels… tout cela aide.
Pas pour éviter la douleur.
Mais pour créer un terrain rassurant.
Éviter les changements brusques :
Un nouveau compagnon, un box changé, un pré modifié tout cela peut raviver la perte.
Le cheval a déjà perdu.
Ne lui offre pas un autre changement immédiat.
Créer des moments de présence consciente :
Sans objectif.
Juste la présence.
Sans mots.
Respirer.
Se poser à distance du cheval. Lui laisser venir ou rester distant. Sans demander.
Cette façon de faire est centrale avec Âmes Sauvage je guide les humains à devenir un lieu sûr.
Et le cheval peut alors déposer une part de son histoire.
L’observer plutôt que le “réparer” :
Quand un cheval est en deuil, il ne s’agit pas de “le remettre en marche”.Il s’agit de l’écouter.
Ne cherchez pas à combler tout de suite.
Ne remplacez pas.
Ne forcez pas.
Juste… accompagnez.
Pourquoi cette expérience peut devenir un cadeau
Quand un cheval traverse une perte et qu’il est accompagné avec soin, quelque chose se transforme.
Le cheval devient plus doux.
Plus présent.
Plus relié.
Et l’humain, lui aussi, découvre quelque chose de précieux : qu’il y a un passage.
Et que traverser un passage permet de renaître.
Ce passage se fait dans l’invisible.
Dans le souffle.
Dans le regard.
Dans l’espace.
Et parfois, je vois dans mes séances à Marseille des moments qui ressemblent à des renaissances.
Quand le cheval se pose.
Quand il marche.
Quand il respire.
Quand il redevient vivant.
La perte n’est pas la fin, mais un chemin
Un cheval perdu n’est pas “cassé”.
Il est blessé.
Il est invité.
Et toi, tu peux être l’accompagnateur de cette invitation.
Tu peux être un humain qui ne fait pas.
Mais qui est.
Tu peux revenir à ton calme.
Et alors, il reviendra à lui.
Parce que dans le monde équin, la grandeur ne se mesure pas à la force.
Elle se mesure à la présence.
Et quand tu es présent… Le vivant te répond.




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